Page 10 - Une Famille Volante
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Contexte de la famille Germain en Algérie
Mais qui était donc cette famille Germain qui allait bientôt se découvrir une passion pour l’aviation ?
Les Germain sont originaires de Saint-Sernin-du-Plain en Saône-et-Loire, commune au centre d’un triangle Au-
tun-Beaune-Chalons sur Saône. Émiland Germain né en 1770 et Jeanne Colin sont les parents de Jacques (1803-1864)
qui sera le premier de la famille à fouler le sol de l’Algérie en 1835. Cette famille exerçait déjà le noble métier de
vignerons, dans cette région de Bourgogne très réputée par ses terroirs tels que Meursault, Chassagne-Montrachet,
Aloxe-Corton, La Romanée-Conti, Pommard, Volnay, Chambertain, Chambolle-Musigny, Clos de Vougeot, Nuits St
Georges… L’appellation contrôlée actuelle de Saint-Sernin-du-Plain est « Côtes du Couchois ».
Jacques Germain épouse en 1828 Jeanne Boudriot (1804-1880) également fille de vignerons de Saint-Sernin-du-Plain.
ème
En 1829 il incorpore le 57 régiment d’Infanterie dans un bataillon de voltigeurs. Son épouse Jeanne accompagne
la troupe comme cantinière. Ils sillonnent ainsi le pays à travers les Hautes-Alpes, le Puy-de-Dôme, le Cantal, les
Charentes, la Vendée. 1832 voit la naissance de leur fils Pierre Germain à l’Oie (Sainte-Florence-en-Vendée). Jacques
est libéré fin 1832, après un service militaire de huit ans ! En 1835 Jacques débarque en Algérie avec Jeanne et leur
fils Pierre âgé de trois ans. Ils ont une première activité de transporteurs. Le 13 mai 1852, ils obtiennent de l’État une
concession de 10 hectares dans la Mitidja à Mouzaïaville, avec obligation dans un délai de deux ans de construire
une maison d’habitation et de défricher pour mettre en culture les terrains concédés sur l’emplacement marécageux
de l’ancien lac Halloula. Dès 1857 ils achètent 200 hectares de concessions abandonnées par des colons découragés
ou endettés, ainsi que 1 100 hectares de terres improductives qu’ils parviennent à drainer par un réseau de canaux.
Avant la conquête, la Mitidja était une étendue marécageuse, insalubre, inhospitalière. Les premiers soldats qui la
traversèrent pour s’enfoncer dans l’intérieur, en avaient gardé un souvenir tel que les colons qui se proposaient de
s’établir dans ce pays sinistre étaient considérés comme des fous par les autorités. Cependant, grâce à un travail achar-
né, payé de nombreux morts, les colons finirent par transformer le pays en un terroir d’une richesse exceptionnelle de
vignobles et de vergers d’agrumes.
En 1859 Pierre, le fils de Jacques et Jeanne, épouse Catherine Lombard (1840-1911). Ils allaient connaître bien des
épreuves : les fièvres des marais, les invasions de sauterelles, les épidémies de choléra, la pénurie d’eau, la mortalité
infantile, le séisme de 1867. Pierre et Catherine auront 16 enfants, dont sept décédés en bas âge !
1 - Pierre-Ambroise né en 1860, épouse une Mentzer. 2 - Auguste 1862-1942, épouse Louise Branthomme.
3 - Catherine 1863-1868. 4 - Michel 1864-1945, épouse Mathilde Pellegri.
5 - Élise 1867-1867. 6 - Louis 1868-1870.
7 - Rose 1869-1946, épouse Jean-Bernard Fossat. 8 - Jeanne Pauline 1870-1871.
9 - Marie 1871-1872. 10 - Jean 1873-1952, épouse Jeanne Colin.
11 - Pierre 1874-1902, épouse Marie Eyrier. 12 - Émile 1875-1921, ép. Marguerite Duchêne-Marullaz.
13 - Jeanne 1876-1956, épouse Eugène Duguyot. 14 - Baptiste 1878-1879.
15 - Maurice 1881-1949, épouse Andrée Guelpa. 16 - Adrien 1881-1888, jumeau de Maurice.
Nota : Jean Germain, le n°10, est le bisaïeul de l’auteur.
Les neuf survivants, sept fils et deux filles, seront donc Ambroise, Auguste, Michel, Rose, Jean, Pierre, Émile, Jeanne,
et Maurice. C’est alors une nécessité d’avoir de nombreux enfants, vu le taux important de mortalité infantile, et il
faut assurer la pérennité et le développement des domaines agricoles déjà réalisés. Les fils héritent des terres, tandis
que les filles reçoivent une compensation monétaire.
Après le décès de leur père Pierre en 1905, ses fils poursuivront le développement des propriétés, avec un succès
remarquable dans la viticulture. Les vignobles de la famille Germain feront l’admiration de tous, notamment dans la
plaine de la Mitidja, du Ruisseau des Singes au Ravin de la Femme Sauvage.
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